Rabat (nom masculin, subst. masculin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Pièce de l'ancien costume français consistant en un col de toile, garni ou non de dentelles, qui laissait le cou des hommes découvert. "Le Chrysale de Molière parle d'un gros Plutarque à mettre ses s."
Il se disait aussi d'une Partie du costume ecclésiastique consistant en un morceau de toile noire divisé en deux portions oblongues et bordées de blanc, et qui se tait sur le devant du col. "Grand . Petit . Empeser les s."
Il se dit encore d'une Pièce de batiste, de dentelle, etc., qui fait office de cravate dans le costume officiel des magistrats, des avocats, des membres de l'Université, etc.
En termes de Chasse, il désigne l'Action de tre le gibier.



1ère définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Ce qui est tu ; s'est dit primitivement d'un col garni de dentelles ou même sans garniture, qui laissait le cou des hommes tout à fait à découvert.
    Plus tard, pièce d'une toile fine et empesée, quelquefois même garnie de dentelles, qui tombait sur le devant de la poitrine.
CORN.: « Nous causions de mouchoirs, de s de dentelles, De ménages de fille.... »
MOL.: « Hors un gros Plutarque à mettre mes s »
FURETIÈRE: « Dites-moi à quoi vous vous en voulez servir [d'un livre] ; Belastre lui répondit brusquement : c'est pour mettre mes s en presse »
DANCOURT: « Vous êtes trop sérieux, et je trouve qu'un plumet était mieux votre fait qu'un »
VOLT.: « Si jamais vous rencontrez quelques pédants à grand ou à petit , dites-leur bien, je vous en prie, que jamais ils n'auront ce plaisir de me condamner en mon propre et privé nom »
VOLT.: « Ils ressemblent au Scaramouche de l'ancienne comédie italienne, qui volait un de point à Mézétin ; celui-ci déchirait un peu le en se défendant ; et Scaramouche lui disait : Comment ! insolent, vous me déchirez mon »
    Aujourd'hui, partie de l'habillement des ecclésiastiques consistant en un morceau de toile noire qui descend sur la poitrine, et qui est divisé en deux portions oblongues et bordées de blanc. Les membres de certaines congrégations portent des s blancs.
    Le blanc est porté par la magistrature, le barreau, le parquet et les professeurs de l'université en robe.
    Les s, pour dire les gens qui portent le .
BÉRANG.: « La jeunesse est dans notre nasse, Et les hausse-cols font place aux s »

 2   Feuilles d'une fleur artificielle qui tombent à côté des feuilles supérieures.

 3   Pièce de peau qui assemble les éclisses d'un soufflet d'orgues.

 4   Terme de vénerie. Chasse qui se fait, la nuit, en tant les filets sur le gibier qu'on a poussé ; ou le jour, en faisant battre la campagne et pousser le gibier à la rencontre des chasseurs.
    Terme de fauconnerie. Lâcher le , lâcher l'autour après la première secousse.

 5   Terme de jeu de quilles. Second coup joué de l'endroit où la boule s'est arrêtée. Faire trois quilles de venue et autant de .

 6   Toit d'un jeu de paume, qui sert à rejeter, à tre la balle.
    Par extension, coup qui vient du .

 7   Rabat de cage, le dessus d'une cage.

 8   Morceau de toile dont le cirier se sert pour tre ce qui s'élève de la baignoire en tournant.

 9   Terme de jurisprudence. Rabat ou tement de défaut, suppression de défaut.

 10   Diminution. Rabat de prix.

 11   Liqueur noire employée aux Gobelins pour brunir les couleurs ; sauf la gomme, c'est une véritable encre formée d'une décoction de bois de campêche, de noix de galle et de sumac, à laquelle on a ajouté du sulfate de fer, CHEVREUL., Afin de leur bailler l'oeil requis.... il leur sera donné un très léger , avec un peu de galle et de couperose, Règlem. sur les manuf. août 1669, Teinturiers en laine, art. 23.

 12   Huile de , voy. FROISSAGE.

 13   Nom que l'on donne à la terre des plats et assiettes non vernis, dont la cuisson a été manquée.

 14   Outil du charron pour tracer des lignes droites.

 15   Sable argileux servant à dégrossir le marbre.

HISTORIQUE
    XVème siècle
AL. CHART.: « Dont sourt riotte [querelle], et discords et debatz, Dechiet de corps, et de chastel rabaz, Et qui a mis mainte cité au bas »
     Blason des faulces amours, p. 270, dans LACURNE: Il faut ceintures, Rabas, chaperons et bordures
J. CHARTIER: « Lequel mot se voyoit au des courtines de ladite figure »
O. DE LA MARCHE: « L'escuyer, qui estoit moult puissant, oit et se defendoit de l'emprise de son compaignon, et d'un rompit la dague de la hache dudit messire Jaques »
CH. D'ORL.: « Roy des François, gaigné as l'avantaige ; Parfaiz ton jeu, comme vaillant et saige, Maintenant l'as plus belle qu'au [du jeu de quilles] »
    XVIème siècle
O. DE SERRES: « Tout cela leur sera baillé au terme arresté, sans , ne delai »
     Coust. gén. t. II, p. 1050: Qu'il n'avoit pu estre adverti des assignations à luy données, et à ce moyen requeroit le du defaut contre luy octroyé

ÉTYMOLOGIE
    Substantif de tre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    RABAT. Ajoutez : - REM. Rabat, au XVIIe siècle, s'est dit non-seulement d'une pièce de la toilette des hommes, mais aussi de cols ou collerettes de femmes.
CORN.: « On vous connaît assez, et vous êtes de celles Que mille fois le plâtre a fait passer pour belles, Dont la vertu consiste en de vains ornements, Qui changent tous les jours de s et d'amants »


2ème définition d'Emile Littré



3e pers. du sing. du présent de l'indicatif de tre, qui entre comme préfixe dans quelques mots composés.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Partie de l'habillement des ecclésiastiques, consistant en un morceau de toile noire qui descend sur la poitrine, divisé en deux portions oblongues et bordées de blanc. "Faiseuse de s. Grand . Petit . Empeser des s. Autrefois les gens de robe portaient des s. Les membres de certaines congrégations portent des s blancs."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Du toit d'un jeu de paume, qui sert à rejeter la balle. "Être au . Tenir le ." Il se dit, par extension, Du coup qui vient du . "Jouer le ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



au Jeu de quilles, se dit par opposition à "Venue," et signifie, Le coup que le joueur joue de l'endroit où sa boule s'est arrêtée. "Il a fait deux quilles de venue et quatre de . Dans quelques parties, quand on n'a rien fait de venue, on ne joue point de ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Chasse, L'action de tre le gibier.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Ornement de toile que les hommes de certaines professions portent autour du cou, et qui se des deux côtés sur la poitrine: on l'appelle souvent Collet. "Rabat uni. Rabat de point. Rabat empesé. Faiseuse de s. Grand . Beaucoup de gens de robe portent des s plissés".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Rabat, se dit aussi Du bout du toit d'un jeu de longue paume, qui sert à rejeter la balle. "Être au . Tenir le rabat". On le dit de même Du coup qui vient du . "Jouer le ".
Au jeu de Quilles, "Rabat" se dit par opposition à "Venue," et signifie. Le coup que le joueur joue de l'endroit où sa boule s'est arrêtée. "Il a fait deux quilles de venue, et quatre de . Dans" "quelques parties, quand on n'a rien fait de venue, on ne joue point de ".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Rabat, en termes de Chasse, est L'action de tre le gibier. "Voyez" Rabattre.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Ornement de toile que les hommes de certaines professions portent autour du cou, & qui se des deux côtés sur la poitrine: on l'appelle souvent Collet. "Rabat uni. Rabat de point. Rabat empesé. Faiseuse de s." "Grand . Beaucoup de gens de robe portent des s plissés."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi Du bout du toit d'un jeu de longue paume, qui sert à rejeter la balle. "Être au . Tenir le ." On le dit de même Du coup qui vient du . "Jouer le ."
Au jeu de Quilles, "Rabat" se dit par opposition à "Venue," & signifie, Le coup que le Joueur joue de l'endroit où sa boule s'est arrêtée. "Il a fait deux quilles de venue, & quatre de . Dans quelques parties, quand on n'a rien fait de venue, on ne joue point de ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

[On ne prononce point le "t".] 1°. Ornement de toile, que les hommes de certaines professions portent autour du cou, et qui "se " des deux côtés sur la poitrine. Pour les Éclésiastiques, on dit plus souvent "collet" ou "petit collet".
- 2°. Au Jeu de quilles, il est oposé à "venûe": c'est le coup que le joueur joûe de l'endroit où sa boule s'est arrêtée. 'Il a fait trois quilles "de venûe", et deux "de ". 'Dans certaines parties, quand on n'a rien fait "de venûe", on ne joûe point "de ".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Colet d'homme. "Rabat uni. à dentelle. de point. empesé. glands de rabat".
Il signifie aussi, Le bout du toit d'un jeu de longue paume, qui arreste & fait revenir la bale. "Estre au . tenir le ".
On le prend aussi, Pour le coup qui vient du . "Jouër le ".
Il veut dire encore, Le second coup que l'on fait avec la boule au jeu de quilles; comme, "Il a fait sept quilles de ".




Emplacement dans le dictionnaire :

rabâcher
rabâcherie
rabâcheur
rabais
rabaissé
rabaissement
rabaisser
rabaisseur
raballe

rabat-joie
rabattage
rabattant
rabattement
rabatteur
rabattre
rabattre les courbettes
rabattu
rabbi
rabbin
rabbinage




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Henri MURGER (Scènes de la vie de jeunesse)

...Cependant le patient pousse un cri suprême : -la scie a donné son dernier coup de dent ; et le membre, détaché du tronc, tombe dans une mare de sang. Le chirurgien essuie ses outils, lave ses mains, rabat les manches de son habit, et dit au malade : -adieu, mon brave homme. -vous n'aurez plus la goutte à cette jambe-là ; -ou-vous n'aurez plus d'engelures à cette main-là, si c'est un bras qu'on vient...


Citation n°2 de Auguste BARBIER (Satires)

...le sous-sol des journaux. Là passe le torrent de leur littérature en incroyable histoire, en lubrique aventure ; et quand l'invention manque et les laisse à plat, aux personnalités leur esprit se rabat. Que d'éreintés alors ! Tout le monde factice qu'ils fréquentent, rivaux de plume et de coulisse. Est d'abord le sujet de leurs lazzis mordants ; puis ils frappent ailleurs, et le fiel de leurs...


Citation n°3 de Maxime DU CAMP (En Hollande : lettres à un ami)

...tous de chaque côté, à l' endroit des passavants, une palette épaisse, longue et large plus que le gouvernail, remontée par une vis contre les plats-bords ; lorsque l'océan est trop houleux, on rabat ces raquettes, qui paralysent ainsi les fatigantes commotions du roulis. La mer est calme, verte et rejoint le ciel par d'imperceptibles transitions. Au large, il ne passe aucun navire ; l'horizon...


Citation n°4 de Pierre-Joseph PROUDHON (Qu'est-ce que la propriété ?)

...qui résulte de son inaction : il se rejette sur le producteur, dont il exige toujours la même rétribution. Le fermage d'une terre une fois élevé à sa plus haute puissance, le propriétaire n'en rabat jamais ; la cherté des subsistances, la rareté des bras, les inconvénients des saisons, la mortalité même, ne le regardent point : pourquoi souffrirait-il du malheur des temps puisqu'il ne travaille...


Citation n°5 de Frédéric SOULIÉ (Les Mémoires du diable)

...galanteries surannées aux très-jeunes femmes, et se permet quelques escapades avec les moins chères de ces belles filles dont l'esprit ou la beauté font scandale. Passé quarante ans, le notaire se rabat sur le whist ; il dîne pour lui, est ennuyé du théâtre, il aime la campagne, sort à pied avec un parapluie pour prendre de l'exercice, donne des meubles à la fille de son portier, fait retaper ses...


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